Chronique d’une intégration ratée

Nous le savons tous à peu près, enseignant-chercheur n’est pas un métier simple.

Le chercheur est extrêmement spécialisé mais doit travailler en équipe avec des gens ne partageant pas totalement sa spécialité. Il a son propre sujet de recherche mais collabore avec d’autres chercheurs qui ont leur propre sujet de recherche. L’articulation entre ses propres activités et celles des autres n’est pas toujours aisée à trouver.

En enseignement, il faut faire de la pédagogie sans y être formé, enseigner des matières connexes à ses activités de recherche mais répondant quand même aux besoins des formations concernées. Il n’est pas rare de voir un enseignant-chercheur enseigner une matière qui lui était étrangère quelques mois auparavant.

Le tout s’effectue dans des institutions où le manque de moyens est compliqué par la lourdeur administrative et l’inertie qui en découle. Sans oublier les problèmes d’ego.

Dans ces conditions, assez logiquement, l’intégration d’un jeune MCF dans un nouveau poste se révèle potentiellement difficile. Je rencontre depuis plusieurs années des MCF nouvellement recrutés qui ont de grandes difficultés à s’intégrer à leur labo et/ou leur composante d’enseignement. Ces situations peuvent être assez graves, voire destructrices.

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Méthodologie

Pour la seconde année consécutive, j’ai animé 3 séances de méthodologie en début de 1ère année.

L’année dernière, le bilan n’a pas été brillant. Les statistiques de réussite n’ont pas bondi. Au contraire, les notes du second semestre ont connu une chute historique. Le message n’était clairement pas le bon : devant le nombre important d’abandons, sachant que ceux qui n’abandonnent pas valident généralement les 2 semestres, je leur ai simplement dit de ne pas abandonner, avant de leur démontrer qu’il est nécessaire de travailler régulièrement. Ils ont retenu la 1ère partie du message, et les abandons massifs du 1er semestre ont eu lieu au second semestre, les étudiants restant ne travaillant pas plus, croyant sans doute que rester était suffisant pour s’en sortir.

J’ai donc revu ma copie, avec une séance de plus et un message un peu remanié. Il est évidemment trop tôt pour conclure quant à l’efficacité de ces 3 séances, mais j’ai trouvé leurs réactions intéressantes. Il faut aussi noter que, comme l’an dernier, les étudiants sont très bavards en cours. Ils le sont plus que les années précédentes, et je pense que ces séances de méthodologie permet de les mettre en confiance. Trop, peut-être, pour conserver un volume sonore correct. Lire la suite de « Méthodologie »

Enseigner à la génération Z

Je dois avouer que, bien que je râle sur les lacunes de mes étudiants, j’aime énormément enseigner à la génération Z.

C’est fou ce que j’ai l’impression d’être à contre-courant en écrivant cela. Je lis régulièrement des articles qui décrivent la génération Z et donnent des clés pour le management des jeunes professionnels. J’ai aussi l’impression que les enseignant.e.s les vouent aux gémonies.

Si l’on en croit Wikipédia, la génération Z concerne les jeunes nés après 1995. Ils ont connu les téléphones portables et internet toute leur vie, mais aussi le terrorisme et le chômage. Souvent appelés digital natives, ils utilisent massivement les outils numériques, même s’ils ont rarement du recul sur ces outils (on parle alors de digital naives). Ils font peu confiance à l’entreprise et montrent un rapport à l’autorité différent de celui des générations précédentes.

Manque de recul, refus de l’autorité (ne parlons pas du manque de travail, qui est à mon avis un autre problème que j’ai déjà abordé par ailleurs) : la moutarde peut vite monter au nez des enseignant.e.s.  Lire la suite de « Enseigner à la génération Z »

Réflexions sur le genre dans une réunion d’université

Il y a quelques jours, j’ai eu l’honneur de représenter mon IUT dans une réunion sur le logiciel de gestion des emplois du temps utilisé dans l’université. Il y avait donc le service informatique, quelques grands pontes de l’université (que je n’ai évidemment pas reconnus, j’ai eu l’air d’une cloche), les gestionnaires de la base de donnée et les référents des différentes composantes de l’université (dont j’étais, donc). J’étais dans mes petits souliers, le syndrome de l’imposteur tournait à plein régime.

Et quand la porte s’est fermée, j’ai eu une petite surprise. Il y avait, dans la salle, une majorité de femmes. A l’aise, sympathiques, souriantes, échangeant des « oh là là quel temps » dans une atmosphère feutrée de salon de thé sous le regard bienveillant des quelques hommes présents.

Comprenez-moi, j’exerce dans un labo de physique et dans un département de maintenance. Les réunions de dames, j’ai pas l’habitude ! Même sans aller jusqu’au cas spécifique des domaines industriels, on sait que dans l’ESR, quand on monte en grade, la proportion de femmes diminue : je m’attendais donc à voir moins de femmes dans une réunion où nous avons une responsabilité, avec un rôle de représentation d’une composante. Lire la suite de « Réflexions sur le genre dans une réunion d’université »

Les attendus, c’est tendu

Depuis le temps qu’on demande une réforme ça y est, c’est en cours. Nous demandions des moyens pour accueillir les étudiants, on nous apporte… une sélection déguisée orientation avec des pré-requis attendus.

Le ministère traite le problème des places dans le supérieur comme certains souhaitent traiter le chômage : il y a des places vacantes, il y a des gens qui n’ont pas réussi à faire ce qu’ils voulaient, on va donc aiguiller les laissés pour compte vers les places vacantes, qu’ils le veuillent ou non. Et l’outil d’aiguillage, qui n’est pas encore complètement usiné, serait la publication d’attendus. Lire la suite de « Les attendus, c’est tendu »

Le (faible) niveau des étudiants

J’ai entendu ce matin l’interview d’Aurore Bergé sur CNews. Elle défendait l’action du gouvernement, en même temps c’est son boulot, et évidemment elle a évoqué le supérieur pour lequel un plan d'(in)action vient d’être dévoilé. Sa petite phrase, qu’elle a relayée sur Twitter, m’a fait bondir :

Le niveau, c’est-à-dire ?

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Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi …?

Observer un comportement surprenant de la part des étudiants une année, c’est pas grand-chose.
L’observer de nouveau, deux années de suite, c’est étonnant, mais bon.
M’enfin là, ça fait 6 ans d’affilée que je les vois… et ce sont des comportements que je ne m’explique pas DU TOUT.

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi mes étudiants considèrent que le correcteur liquide est une fourniture fondamentale (ils ont des palpitations quand je leur dis qu’ils peuvent très bien rayer proprement leurs erreurs) mais qu’il n’y a qu’un tube de correcteur liquide pour 5 étudiants dans le groupe ? Lire la suite de « Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi …? »